Publié le 29.01.2008 | 16h22
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Abassourdi par une ambiance électrique et une équipe ghanéenne qui a largement fait valoir sa puissance physique pour s’imposer, le Maroc est tombé devant les Black Stars (0-2). Cette défaite, synonyme d’élimination, marque les limites d’un groupe qui ne semble pas pouvoir hausser son niveau de jeu quand il le faut.
Le Maroc éliminé sans broncherAvec un Ghana tel qu’il était apparu lors de ses deux premières sorties contre la Guinée, puis contre la Namibie, le Maroc pouvait légitimement prétendre à une victoire sur les Black Stars. Malheureusement pour les Lions de l’Atlas, les hommes de Claude Le Roy, dans une ambiance électrique, ont incontestablement livré leur meilleur match depuis le début du tournoi. Persuadé que son 4-3-3 pouvait faire la différence face au Ghana, Henri Michel, le sélectionneur marocain, n’avait guère fait évoluer son système de jeu ce soir par rapport à celui proposé contre le Maroc. Seul Marouane Chamakh, qui effectuait son grand retour dans le onze de départ à la pointe de l’attaque marocaine, se présentait comme la grande nouveauté du jour.

Arbitrage défavorable

Bien en place tactiquement, les hommes d’Henri Michel n’ont pas tenu longtemps la comparaison sur le plan physique. Dépassés par la vitesse des milieux de terrain ghanéens, ils ont rapidement laissé l’emprise du jeu à leurs adversaires. Souvent en retard, ils ont même dû commettre de nombreuses fautes pour annihiler les offensives des Black Stars. C’est d’ailleurs suite à un énième croc-en-jambe marocain que le Ghana ouvre le score. Sulley Muntari sert parfaitement Michael Essien par dessus le mur. D’une reprise de volée instantanée, le joueur de Chelsea trompe alors Nadir Lamyaghri, un peu hésitant dans sa sortie.

Pourtant, les hommes d’Henri Michel semblaient avoir attaqué le match par le bon bout. Comme à son habitude, Youssouf Hadji attire le jeu sur son côté droit. Les dix premières minutes sont marocaines. Dominateurs, les Lions de l’Atlas ne se créent pas d’occasions pour autant. Il faudra même attendre la 44e minute de jeu pour voir l’attaquant nancéien cadrer le premier tir de son équipe. Un tir forcé après une course de 30 mètres. Quelques minutes plus tôt, il y eut cette tête victorieuse de Marouane Chamackh qui finit au fond des filets, mais que l’arbitre refuse pour une raison obscure. En plus d’être dans un mauvais soir, le Maroc n’a pas pu compter sur l’arbitrage pour obtenir un petit coup de pouce du destin. "On est avant tout passé à côté de notre match", assure Henri Michel, avant de poursuivre. "L’arbitrage c’est une autre histoire et ça ne sert à rien de s’en plaindre".

Proche de la correction

Sans cesse sous la pression d’un bloc défensif ghanéen très avancé, le Maroc n’a pas réussi à faire valoir la qualité habituelle de son jeu de passes. Houssine Kharja, sorti à la mi-temps s’est retrouvé fautif sur plusieurs de ses transmissions de balle. À plusieurs reprises, il a redonné le cuir à l’adversaire alors qu’un de ses coéquipiers venait de le récupérer (11e, 33e et 39e). Youssouf Hadji, grand habitué des passes aux millimètres et autres caviars, a lui aussi connu un match bien difficile, marqué par des contrôles de balle ratés ou des passes imprécises.

Et l’addition aurait pu être bien plus lourde pour le Maroc. Car si les Lions de l’Atlas ont eu du mal à pointer le bout de leurnez devant la cage ghanéenne, ce ne fut pas le cas des hommes de Claude Le Roy devant le but de Nadir Lamyaghri. Sans ses parades de classe mondiale, le Maroc aurait reçu une correction. Dès la 11e minute, il se détend magnifiquement sur un coup-franc de Sulley Muntari. En deuxième mi-temps il intervient sur une tête à bout portant d’Asamoah Gyan (74e), ou sort une double parade devant Quincy Owusu (83e).

Pour le Maroc, la messe est dite. Henri Michel habitué à réaliser des exploits avec les sélections qu’il mène connaît aujourd’hui l’une des plus grandes désillusions de sa carrière. Alors que le Maroc semblait lancé pour jouer dans le dernier carré de cette CAN 2008, il quitte le tournoi par la petite porte. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France souhaitait profiter de cette compétition pour préparer la Coupe du Monde 2010, il devra repartir sur de nouvelles bases. Et il n’est pas sûr que celles construites au Ghana soient très solides.

Maxence Gorréguès
Source: La Page des Sports
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